AccueilPortailCalendrierFAQRechercherVisitez le site Secret SideS'enregistrerConnexion
 

afghanistan,/Indes 78

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivante
AuteurMessage
boudhinette
Membre
Membre


LionRat
Age : 48
Inscrit le : 05 Déc 2005
Messages : 174

MessageSujet: afghanistan,/Indes 78   Jeu 9 Mar - 19:23

le titre me fait trop kiffé! j'ai écrit beaucoup de carnet de voyageset c vrai que j'aimerais partager! mais c un peu long à lire!
le premier je lai écrit à 18 ans et c la route de chez moi grenoble, jusqu'en Indes. mais c en 78, alors...Khoémini en Iran, les russes en Afghanistan, bref c po mal.
ça branche quelqu'un?
_________________
sincere but not SERIOUS


Dernière édition par le Jeu 16 Mar - 6:54, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
sozbi
Membre
Membre


SagittaireCochon
Age : 24
Inscrit le : 20 Jan 2006
Messages : 171

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Mar 14 Mar - 14:59

ui ui ! vas-y balance cheers
Revenir en haut Aller en bas
TitouneZeMarvellous
Habitué
Habitué



Inscrit le : 01 Mar 2006
Messages : 58

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Mar 14 Mar - 19:18

de meme!
_________________
...!Apocalypse please!...
Revenir en haut Aller en bas
Secret side
Admin
Admin


PoissonsSinge
Age : 28
Inscrit le : 14 Nov 2005
Messages : 828

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Mar 14 Mar - 20:10

c'est fait pour ca te gêne pas Smile
Revenir en haut Aller en bas
boudhinette
Membre
Membre


LionRat
Age : 48
Inscrit le : 05 Déc 2005
Messages : 174

MessageSujet: afghanistan 78   Mer 15 Mar - 7:38

j'ai écrit ça à 18 ans sur des carnets dans tous les états possibles : tolérance pour le style!!!
je le balance dans un post séparé, mais j'avais prévenu, c plusieurs pages!
comme prévu je ne peux pas mettre tout d'un coup
"la longueur de votre message dépasse la capacité autorisé"
j'vais donc balancer par petits bouts§
prmeière patie la route
_________________
sincere but not SERIOUS
Revenir en haut Aller en bas
boudhinette
Membre
Membre


LionRat
Age : 48
Inscrit le : 05 Déc 2005
Messages : 174

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Mer 15 Mar - 7:46

CARNETS DE ROUTE.

LE DEPART
2 OCTOBRE 1978
Nous voici au bord de la route, le cœur léger. Maman nous a amenés à la sortie de Grenoble jusqu’à la jonction de l’autoroute. En partant elle nous souhaite bonne route et dit « quand même, dire que vous allez jusqu’à New Delhi ! » La première voiture ne se fait pas attendre, elle ne va pas très loin, Chambéry, mais c’est déjà ça. Ensuite on attend un peu. Deux voitures super classe s’arrêtent. Ce sont des Egyptiens qui ramènent les voitures bourrées de choses à vendre au Caire. Ils prennent le bateau à Brindisi et nous proposent (en anglais) de nous amener jusque vers Venise. Les voitures sont trop pleines pour qu’on monte à deux dans l’une. Je les trouve nets, je fais un signe à Raymond, et on embarque. On a bien fait ! Bagnole moderne et musique arabe. Ils sont super réglos et très pressés ! On ne s’arrête guère. Il pleut en Italie, un vrai tunnel sur l’autoroute. Aux haltes ils nous offrent leur pain plat avec des piments. Ils décident finalement de prendre le bateau à Thessalonique et ainsi nous offrent de nous amener jusque là. Super ! Trois jours pour traverser la France, l’Italie, la Yougoslavie et la Grèce c’est pas mal. La Yougoslavie est plus jolie que l’Italie. Des chars à bœufs et à cheval. Les vieilles sont vraiment super avec leur foulard et leurs jupes et tabliers colorés. A Thessalonique ils nous larguent à l’entrée de la ville, au croisement qui va au port. C’est un semi-désert rocailleux et il fait chaud ! Aucune voiture ne s’arrête, ça prend un temps fou d’entrer en ville. Et puis on demande la direction pour aller en Turquie mais personne ne parle vraiment anglais et on tourne en rond. A la fin on désespère. On prend un bus pour la gare. Demain on prend le train pour Istanbul, c’est cher mais le stop n’a pas l’air très envisageable.
Je ne me rappelle pas quel jour on est. Si je regarde un de mes visas je pourrai le savoir mais je m’en fous. Ce stylo déconne. 28 heures de train presque sans manger. On avait omis de demander combien de temps ça prendrait ! Lente progression vers l’Orient. Ils font du café turc, très fort et très sucré avec le marre au fond, ce qu’il fait qu’il y a à boire et à manger !
Istanbul, capitale du commerce. Tout s’achète, relativement cher. On a trouvé l’hôtel le plus crado que j’ai jamais vu mais sympa. Beaucoup de bruit, quelques chouettes endroits. Mais c’est pas le pied. Il y a eu des révoltes étudiantes et il y a l’armée partout. Nous on vient de voir « Midnight express » avec maman juste avant le départ. Elle nous avait dit que ça nous rendrait prudent. Donc prudence s’impose…Le big Bazar est quand même un flash oriental, très clinquant mais quel kaléidoscope coloré. Et puis il y a la belle mosquée bleue au milieu de la ville et surtout le Topkapi un palais fabuleux tel que l’imaginaire le commande. Harem, salles d’eau, mosaïques bleues, jardins dégringolant les remparts. Il y a une salle avec tous les trésors, ce qui m’a le plus branché ce sont les calligraphies. C’est trop beau.
On se ballade dans les vieux quartiers. Les babas ne sont pas trop branchant, les Turcs un peu trop par contre. J’ai magouillé une carte d’étudiant ; On prend demain le bateau pour Trabzon. On a abandonné le stop, trop d’histoires d’accidents et de violence. Un turc m’a dit, « on essaye de vous tirer tout ce qu’on peut à l’aller, on sait qu’au retour, vous n’avez plus rien » Charmant ! Vivement l’Afghanistan.
14 octobre
Nous sommes à la frontière iranienne. Le bateau était assez cool. On a rencontré toute une bande de babas qui vont en Indes. On a fait le voyage avec eux. Pris un petit bus pourri pour Erzurum. On a marchandé une heure. 18 heures de trajet pour 300km avec diverses pannes, pneus crevés etc..Le folklore. A Erzurum on demande un bus pour la frontière. On se retrouve en fait à Igdir, près du mont Ararat qui est paraît-il le lieu où s’est déposé l’arche de Noé. Bref on est près de la frontière russe. Pas la bonne. Obligé de faire du stop à 17. Un camion nous a pris. Il s’arrête alors en plein désert pour nous raquetter. Obligé de payer 15 TL par personne. La frontière a été OK. Pas de fouilles. On a dormi au poste de douane ! Le matin un anglais qui était avec nous a eu la bonne idée d’aller faire son jogging matinal sur la frontière. Il a été arrêté par l’armée. On va prévenir l’ambassade. J’espère qu’il s’en tirera ! On a trouvé un bus qui va nous amener tous pour l’Afghanistan pour une somme modique. C’est le pied. On part ce soir ou demain.
C’est déjà l’Orient, petit village en pisé. Les gosses sont très branchants. Le paysage est super désertique.
15 octobre
Hier soir on s’est fait brancher pour fumer et on a accepté. Ca c’est assez mal terminé, le mec voulait coucher avec moi et il a vraiment insisté longtemps.
17 octobre
Deux jours de car, on arrive à Meshad. Le désert omniprésent, de la poussière… Villages écrasés sur le sol, lacis de murs en briques de boue séchée. Pour les faire ils ont des casiers de bois comme pour les pâtés. Ils les mettent ensuite à sécher en pyramide devant leur maison. De même ils utilisent des bouses de vache ou chameau pour le feu qu’ils collent sur les murs pour sécher.
18 octobre
Meshad, ville sacrée d’Iran. Mosquée fantastique, mosaïques bleues et or. C’est marrant, on a vraiment l’impression d’être impurs. On peut pas entrer dans la cour à moins d’être voilée, quant à l’intérieur c’est impossible. C’est dommage ! Mais c’est très vivant. Des centaines de mecs et nanas entrent et sortent, discutent, vendent ou chantent. On a été invité dans un magasin de tapis, il y en a de très beaux et d’autres qui sont plutôt moches. Les tribus ont tendance à disparaître et le gouvernement a interdit le travail des enfants. C’est pour cela que les prix montent si vite. On a pris nos visas pour l’Afghanistan. Invité pour un thé et quelques joints par des afghans. Shit excellent, ambiance sympa. Par contre ça craint en ville, on a vu des chars à un carrefour. Et il y a aussi des postes militaires avec des sacs de sable etc.. Que se passe-t-il ici ? Enfin on part demain pour l’Afghanistan ! Après deux semaines de route et des milliers de km.
AFGHANISTAN

19 octobre 1978
Hier on a passé toute la journée à la frontière. Arrivés au coté iranien vers 9 heures nous avons quitté le coté afghan après 16 heures. Du coté iranien il y avait un incroyable musée montrant toutes les prises de shit, avec à chaque fois la planque où il a été trouvé, la quantité et le verdict pour les passeurs. Charmant. Ensuite les douaniers nous parquent 2 heures assis par terre dans une petite pièce sous la menace de leurs armes. Intimidation au cas où on aurait l’idée de passer du shit. A la fin un type s’énerve et leur dit qu’il faudrait être fou pour amener du shit d’Iran en Afghanistan ! Bien sûr ça ne détend pas l’atmosphère. En tous les cas on est prévenu pour le retour !
Coté afghan c’est nettement plus zone. Chaleur, mouches, foule. Un nombre incroyable de tampons. Une manif pro gouvernementale. C’est marrant de voir des drapeaux rouges en plein milieu du désert. Surtout de la part d’Afghans en armes et peu clairs politiquement. Le désert…toujours bordé par une chaîne de montagnes, les villages modelés avec des toits en coupoles, des enceintes et souvent un bâtiment plus important. Des chameaux, des caravanes de chevaux et d’ânes chargés de ballots. Le soleil roule dans la poussière orange. A un moment le bus est arrêté au milieu de nulle part par un groupe d’hommes armés. L’un d’eux monte et discute âprement avec le chauffeur, un autre va jusqu’au fond du bus par l’allée centrale en enjambant à grand peine les énormes ballots entassés au milieu. Il dévisage tout le monde, une arme pointée sur nous. Je crois que c’est une Kalachnikov. J’avoue que j’ai le cœur qui décroche quand il arrive à notre niveau mais il détourne le regard comme si ça l’arrangeait de ne pas nous voir. Moi aussi d’ailleurs ! A la fin le chauffeur leur donne un bon paquet de billets et ils descendent en rigolant. On n’a jamais su si c’était le péage ou des bandits de grands chemins, peut être que la frontière entre les deux est assez floue ici.
Arrivée à Herat de nuit. Petits magasins assez touristiques mais très bien arrangés, tout un folklore : voitures à cheval, lanternes à pétrole, baratin de marchands. Trouvé un hôtel pas trop cher (2F50 par personne). Les murs sont peints en mauve, rose et bleu. Des gamins de l’hôtel nous amènent le shit en même temps. On fume la pipe à eau et après un marchandage de principe (on arrive à 5000 au lieu de 10 000) on achète un bon morceau. On prend un thé dans un restaurant super quoique assez sophistiqué. Mais les Afghans ont vraiment de la classe pour la décoration. C’est une immense pièce au premier étage avec un grand tapis, des tables basses courant le long du mur et, recouvrant tout le reste, des tapisseries afghanes (super couleurs naturelles, effets de franges) Des musiciens jouent. C’est très chouette mais il a un peu trop de spectacle. La plupart des touristes s’en vont et on discute avec les patrons. Ils sont assez paranos vis-à-vis de la police. Déjà à l’hôtel on nous avait fait le coup. D’après eux il y a un couvre-feu à Kabul et ailleurs la police contrôle de plus en plus les restaurants et les cafés. Le nouveau président dont on voit la photo partout est marxiste et non musulman. C’est la première fois depuis X temps. On s’est fait brancher pour acheter un couteau. Marchandage, baratin, demain j’en achèterai un petit.
20 octobre, je crois.
Nous avons changé d’hôtel parce que ce matin à partir de 5 heures il y a eu un boucan pas possible. Notre chambre donnait sur une cour qui fait à la fois mosquée et gare routière. Le vacarme dès 5 heures du mat !!!Celui là est un peu plus cher mais très cool. J’ai bouffé un bon morceau de shit ce matin dans mon porridge. Toute la journée a été assez dingue. Je ne me rappelle plus la suite exacte des évènements : tant pis. On a marché dans la vielle ville. C’est assez incroyable : le moyen –age ! Des petits gamins qui crient pour Bakchich, des vieux avec leur pipe à eau. Peu de femmes. Mais c’est très très beau. La citadelle est chouette, on a essayé de trouver le marché aux chevaux mais en vain. L’idée au départ c’était d’acheter deux chevaux, de faire la route centrale et de les revendre à la fin. Mais finalement on va laisser tomber, c’est trop tard dans la saison et peut-être un peu dangereux.
Mais seulement se balader dans la ville est assez intense. Raymond a acheté un pantalon et une chemise afghane, Assez « touriste » mais confortable. Et des sandales pour tous les deux, la semelle est en pneu ! On a vu deux français, ils partent après demain par la piste du Nord. Je pense qu’on va faire pareil, c’est sûrement plus authentique mais il faut une autorisation de la police.

21 octobre.
Je me demande si j’ai bien tenu le compte des jours. Aujourd’hui je n’ai pas fait grand chose. J’étais bien raide. On a pris le thé dans un endroit tenu par des gamins, le plus vieux devait avoir huit ans. J’ai acheté une chouette chemise et Raymond a enfin son couteau. Il est moche mais enfin. On est passé par la police mais c’était fermé. On verra demain.

22 octobre.
On est allé au théâtre. Il y avait une pièce du style farce, du mari de sa femme et de l’amant. Le mari tue sa femme et est arrêté par la police. (Moralité). Des poèmes où on ne comprenait pas grand chose mais avec « Afghanistan » répété pas mal de fois.
Le poste de police est assez incroyable. Un jardin avec des bureaux minuscules autour. Il faut deux signatures de deux mecs différents, ça prend une heure mais c’est tranquille. Il faut acheter une feuille de papier officielle 12 afghanis à un mec sur le trottoir ; et on marque un truc du genre « to the chief of police, please give me permission to go by the northen road. Etc… » c’est marrant. On nous donne une carte de l’Afghanistan. Comme le gouvernement a changé ils ont collé des papiers sur des photos et rayé quelques passages d’histoire récente. Ils vont la refaire, l’histoire, c’est sûr !
On se ballade dans les petites rues. Quelques gamins nous suivent. On achète à bouffer pour demain. C’est tout un trip dans les petits magasins qui vendent des fruits dans des corbeilles et un amoncellement de trucs derrière. Au pied de la citadelle il y a un gigantesque marché aux pastèques. Les paysans y campent, ils se sont fait de véritables cabanes en pastèques, avec des tissus de laine épaisse comme toit. Je me demande ce qu’il se passerait si on prenait justement la pastèque du bas du mur !
On voit Tim, il s’est fait arnaquer sur une soi-disant pierre de lune. Même si elle est vraie, c’est très cher. Moi j’ai acheté une très belle chemise mi-soie, mi-coton.
_________________
sincere but not SERIOUS
Revenir en haut Aller en bas
Secret side
Admin
Admin


PoissonsSinge
Age : 28
Inscrit le : 14 Nov 2005
Messages : 828

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Mer 15 Mar - 9:32

tu devrais créer un sujet rien que pour ca en précisant la deestination Smile

sinon, trés sympa à lire, bravo, tu n'as pas de photo ?
Revenir en haut Aller en bas
boudhinette
Membre
Membre


LionRat
Age : 48
Inscrit le : 05 Déc 2005
Messages : 174

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Jeu 16 Mar - 6:53

bah je continue ici, éventuellement j'édite le post du début avec le titre...
des tofs je vais voir, moi perso je n'en n'ai jamais prises mais j'ai peut être deux trois trucs en archives<. en tous les cas pas de la route! Smile
_________________
sincere but not SERIOUS
Revenir en haut Aller en bas
boudhinette
Membre
Membre


LionRat
Age : 48
Inscrit le : 05 Déc 2005
Messages : 174

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Jeu 16 Mar - 6:57

23-24 octobre.
Les premières heures du voyage ont vraiment été dures. On s’est levé à 5 heures et j’ai été prise d’une crise de mal de ventre abominable, je suis recroquevillée sur mon siège.
C’était un petit camion bâché avec des sièges pour 10 personnes et au moins 20 Afghans plus bagages. La galère pour se placer ! Les Afghans veulent absolument que je sois la dernière du rang donnant sur l’extérieur avec Raymond à mon coté, à la fin on comprend que c’est pour que je ne sois pas à coté d’un homme puisqu’il n’y a pas de femmes dans ce voyage. Moi au début ça ne me plaisait pas vraiment de me prendre toute la poussière mais la vue est bien meilleure ! La piste était vraiment chaotique dans le désert. Après midi ça allait beaucoup mieux. On a pris un thé dans une petite chaï khana assez incroyable. Par terre bien sûr mais vraiment crado. Un mec passe avec un vase et de l’eau pour se laver les mains. Les Afghans mangent sans couvert et boivent le thé sans sucre. A la fin du repas le type repasse. Ils utilisent la main droite, l’autre c’est pour les chiottes. On passe un super beau col et on descend tout doucement dans un paysage de Western. Ca change encore et ça devient semi-désertique avec des petits villages près de points d’eau. On voit les deux Allemands du bateau à Kala-E-Naw. Après on passe entre des collines recouvertes d’arbres à pistache. C’est superbe. On marche quelques kilomètres en haut d’un col très raide. Le camion n’en peut plus ! C’est vraiment très beau le désert au coucher du soleil. On mange dans une autre Chaï khana. Des somptueux tapis crado par terre, les gens dorment à même la terre. Nous on dort quelques heures dans le désert. Plus loin le ciel est extrêmement clair. On repart au lever du soleil. Le paysage devient de moins en moins montagneux et on voit de plus en plus de villages avec des tentes et des chameaux à l’entrée. Regarder c’est vraiment très absorbant la plupart du temps. On arrive à Maïmana. L’hôtel, c’est de la vrai arnaque, un truc du gouvernement. On paye 50 afghanis pour coucher par terre dans la « salle de séjour ». On n’a pas de douche et l’eau froide de 2 à 4. Les gens sont très différents d’Herat. Beaucoup plus fiers, moins branchants mais plus curieux. Personne ne parle anglais. Tout le monde vous appelle « mister », ça doit être le « sahib » de l’Indes. On bouffe à la chaï khana du coin, c’est joli, beaux tapis. On rentre s’écrouler très tôt, on est mort !
25 octobre
On se lève à 5 heures et demi. Tout le monde part, et on ne veut pas rester là non plus. C’est un peu con mais les vibrations de l’hôtel ne sont pas bonnes du tout. C’est dommage, la ville était très chouette. Très naïve. En fait on passe quelques heures assez intenses avant de partir. On fait le tour du coin, on bouffe, on fume dans un terrain vague. C’est assez dur de fumer en ville, parce qu’il y a des flics partout. Normalement ils sont aussi branchants que les autres mais il vaut mieux être discrets. Les seuls endroits tranquilles sont les champs où les gens chient en plein milieu de la ville. Ca pue pas trop trop quand même. On part avec un chargement de ballots pour ânes en grosse laine avec des motifs très simples. Il y a des paysans avec melons et femmes (voilées). Des gosses adorables, des vieux en turbans de couleur délavée et manteau typique. En matelassé avec de très longues manches qu’ils retroussent sur le bras. C’est très joli. Je m’écroule jusqu’au chaï khana de midi. Pareil pour le trajet suivant jusqu’à une petite ville. Le paysage est monotone, le désert à l’infini. Des caravanes de chameaux l’animent, des villages en argile le meuble. On arrive à Shebergan au coucher du soleil. L’hôtel est du genre de celui de Maïmana mais plus joli et plus sympa, et pour couronner le tout un peu moins cher puisque pour 50 afghanis on a un lit et la douche froide ! C’est une jolie petite ville. On dîne dans une charmante chaï khana au premier étage. La pièce est éclairée à la bougie et à la lampe à pétrole, mi-piaule, mi-restaurant pour babas. Mais sans baba ! Le serveur nous apporte un petit bout de shit avec le pillaw (riz aux légumes) qui est très bon. Enfin un restaurant où on peut fumer ! On s’écroule avec les Afghans c’est à dire tôt. On vit beaucoup plus avec le soleil, tant mieux, c’est plus sain.
26 octobre
En sortant ce matin on voit le camion des anglais qu’on avait déjà vu plusieurs fois. Ils sont une vingtaine dans une grosse jeep avec une remorque. C’est un groupe organisé et c’est ça le problème.
On prend son temps, on se balade. La ville est petite mais chouette. On arrive dans un parc où il y a une manif pro-gouvernementale. Beaucoup de drapeaux rouges mais peu de gens je trouve. On se fait aider par le service d’ordre habillé à l’occidentale avec des toques style russe. Il s’agit, paraît-il, de la « commémoration de la libération de la femme ». Mais je ne vois pas de femme dans l’assemblée ! Le service d’ordre manque d’humour quand on le lui fait remarquer, on glisse… Pas mal de gens nous donnent des petits morceaux de shit en cadeau. J’achète des tissus pour faire un tchador, c’est un grand foulard. Ce n’est pas encore le Burqa qui est une véritable petite tente avec un « grillage » de broderie pour le visage, mais ça couvre déjà bien et ça permet de se sentir moins nue devant le regard lourd, insistant des Afghans. Il faut les comprendre aussi, les femmes sont voilées dès qu’elles ont un bout de sein !
Le manager de l’hôtel vient fumer avec nous et nous change (pas très bien) des dollars. On n’a pas un rond pour tenir jusqu’à demain mais la vie n’est vraiment pas chère du tout.
27 octobre
C’est le car de super luxe qu’on a pris ce matin ! 2f50 pour 150km. C’était tellement confortable qu’on est arrivé à Mazar-E-shariff sans s’en rendre compte. La ville n’est pas super. Il y a des voitures et des tas de marchands de pacotille sur le trottoir. Mais il y a une très belle mosquée dans un parc avec beaucoup d’arbres, de colombes et de bassins rituels où les gens se lavent les mains, les coudes, les pieds et le visage avant de prier. Les minarets sont séparés de la mosquée elle-même et il y a des colombiers. Le tout est recouvert de céramique turquoise vraiment belle. Le calme, la fraîcheur, la foule silencieuse : le paradis d’Allah sur terre.
28 octobre
On a changé d’hôtel ce matin. Celui l’est calme, on a une petite chambre donnant sur une terrasse ensoleillée. C’est le pied, le tout pour 3f. Journée cool, on fume, on profite du soleil. Il y a deux ou trois européens dans l’hôtel, enfin, 2 américains et un japonais !
Il y a des colombes partout dans cette ville et malgré quelques bagnoles c’est encore le folklore dans les rues. Il y a pas mal de femmes sans burqa et d’hommes sans turban : c’est la civilisation.
29 octobre
Hier soir le type de l’hôtel est venu en racontant qu’il fallait partir parce que la police voulait fermer l’hôtel aux étrangers. Ce matin il était très parano mais on est parti à Balkh toute la journée.
C’est une petite ville à 20 km. On prend un vieux bus bondé d’afghans. A quelques km de la ville on traverse une sorte de route un peu surélevée du désert. Elle va droit au Nord, vers nulle part… Elle est très curieuse, faite de deux bandes de béton avec un espace au milieu. Elle est très large. Je me demande pourquoi et par qui a été construite cette route en dur. Après, on regarde sur la carte, il n’y a aucune ville dans cette direction, ça va droit vers la frontière russe… On arrive à Balkh après un bon moment, même si ce n’est que 20 km !Des enceintes super anciennes autour d’une toute petite ville, quelques magasins, de jolis chaï khana, une vieille mosquée dans une chouette parc circulaire. On monte sur les fortifications et on fume avec deux Afghans un peu trop branchants (bien sûr).Comme on marche sur un vieux rempart et qu’on est forcément à la queue leu leu le mec derrière moi en profite pour me peloter, je râle mais impossible de trop gesticuler pour ne pas tomber. Raymond qui marche devant ne s’est bien sûr rendu compte de rien. Mais on arrive toujours à s’en sortir cool. On a une super vue d’en haut. Les murs sont érodés par le vent et prennent des formes bizarres. Il y a beaucoup d’arbres à l’intérieur et des champs de cotons. C’était la capitale d’un empire très très vieux, je crois que ça remonte à Alexandre le Grand. A l’opposé il y a encore des fortifications assez grandioses. A l’époque ça devait être très grand. Il y a 4 américains avec qui on partage un melon en haut des murs. On reprend le bus pour Mazâr-e Charif au coucher du soleil. On mange dans une jolie chaï khana et c’est un peu varié, mais deux fois plus cher que d’habitude. On en a marre de cette ville, on part demain. J’espère que la police ne viendra pas nous déloger ce soir.
30 octobre
On a bien dormi malgré la parano du type. On a pris un minibus pour Khulm. Typiquement bondé avec une femme voilée et une gamine super belle. L’hôtel est assez cher, c’est encore un truc du gouvernement. Il y a des flics partout mais on trouve un joli jardin avec pleins d’oiseaux. C’est une petite ville tranquille et, par hasard, on débouche sur le bazar le plus incroyable d’Afghanistan. Il y a des boutiques pour touristes avec des vendeurs super branchants (« come in, just look »). Mais on n’achète rien. C’est beau mais les prix sont un peu trop hauts. On se ballade dans les quartiers d’habitations en fumant quelques joints. C’est très intime, beaucoup de jardins, des petits ruisseaux assez propres. Il y a près de notre hôtel des fortifications qui entourent un grand parc. La porte est très belle ; on rentre, mais un soldat nous empêche de continuer. On mange dans une super chaï khana avec un arbre au coin, beaucoup de tableaux calligraphiques et de chouettes tapis (kirim). Un type nous donne un morceau de shit mais après il se bat avec un soldat bourré qui délirait par là. Ca craignait plutôt. Ce matin j’ai essayé d’échanger mes bottes contre quelque chose mais ça n’a pas marché du tout. Il y a de très beaux trucs. Surtout des tapisseries, des pièces de tissage avec des tas de pompons. C’est très bizarre. On boit le thé et discute, c’est folklo. Au milieu du bazar il y a une sorte de petite mosquée. C’est le marchand de chapeaux. Raymond en a acheté un pas mal. Les vendeurs sont un peu trop accrocheurs. J’en achète un aussi mais c’est le scandale quand je l’essaye ! C’est fait pour les hommes qui le mettent sous le turban ! On explique que c’est pour mon frère et qu’il faut bien que je l’essaye pour lui car il a la tête très petite. Sinon il ne voulait pas nous le vendre. Raymond achète du tissu pour faire un sac. On part fumer à l’hôtel et ramasse le couple américain pour aller se balader. On voit la mosquée d’hier. Le parc est cool avec un grand bassin. La mosquée est toute blanche, on monte sur le toit. Il y a une chouette vue sur la ville et les jardins avec, au-delà, le désert. Derrière nous le début de l’Hindu Kush.
On monte à une très ancienne citadelle donnant sur la ville et une vallée. C’est vraiment fantastique. Le vent, les murs à demi fondus enfouis sous le sable. La montagne est toute proche. On fume dans les ruines et on redescend vers un avant poste qui émerge de la ville. C’est le chiotte publique ! Mais l’intérieur est en bon état. On se replonge dans la ville par le quartier du bois, des cages en osiers et des nattes. Ca sent bon ! On mange un yaourt dans une Chaï khana et on rentre, demain Kunduz !
31 octobre.
Voyage long et lourd pour Kunduz. On fait les deux cotés du triangle et c’est plutôt cher. Les conducteurs nous placent. Très important ! Moi coté fenêtre et Raymond à coté, dans le fond du car du coté des femmes. On passe dans des montagnes mais vite on redescend dans des vallées assez vertes et pas très originales. Kunduz, arrivée de nuit, pas le pied. On marche longtemps pour trouver un hôtel (cher et pas sympa) Même pas le temps de bouffer ! Kunduz, c’est pas le pied. Ce matin il pleut, les rues deviennent gluantes, la saleté ressort. Les Afghans sont comme d’habitude. Une écharpe sur la tête pour certains. On met deux heures pour changer du fric, formulaires et signatures. On va déjeuner entre temps. Tampon sur le passeport et tout et tout…
La ville n’a aucun intérêt. On se balade dans les champs, c’est plus tranquille. On sent la Russie toute proche. Mais c’est une présence discrète. Il y a des afghans avec des lunettes noires : des espions du KGB ! L’hôtel est vraiment trop ! On est revenu fumer quelques joints et la porte était fermée, on a du passer par la fenêtre. Le « manager » a l’air débile mental, ou presque. On mange des conserves de légumes au vinaigre style cornichon en plus gros et une espèce de polenta à la graisse animale. Pas mal !
1er novembre
_________________
sincere but not SERIOUS
Revenir en haut Aller en bas
crystale
Habitué
Habitué



Inscrit le : 16 Mar 2006
Messages : 57

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Jeu 16 Mar - 14:01

excellent! vivement la suite Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Secret side
Admin
Admin


PoissonsSinge
Age : 28
Inscrit le : 14 Nov 2005
Messages : 828

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Jeu 16 Mar - 14:02

yes, trés agréable à lite, on s'y croirait Smile
Revenir en haut Aller en bas
TitouneZeMarvellous
Habitué
Habitué



Inscrit le : 01 Mar 2006
Messages : 58

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Jeu 16 Mar - 16:03

Vraiment tres agréable, et tres impressionnant (moi ca me fai peur de partir comme ca! -oui j sais, je suis pas drole-) ca manque juste de croquis-photos, mais ca a deja été dit donc je me tais et j'attends la suite. heyho
_________________
...!Apocalypse please!...
Revenir en haut Aller en bas
boudhinette
Membre
Membre


LionRat
Age : 48
Inscrit le : 05 Déc 2005
Messages : 174

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Ven 17 Mar - 7:20

1er novembre
On a prit le bus pour Kabul ce matin. Là c’est le bouquet ! Il y a une partie à l’avant du bus réservée aux femmes et il y a un grillage la séparant du reste, on y rentre par le couloir central et la porte est cadenassée pendant tout le voyage sauf au moment du repas de midi ! Les femmes sont serrées les unes contre les autres avec les petites filles et les bébés. Bien entendu tout le monde fait pipi par terre, c’est charmant. Les hommes passent des verres de chaï à leurs femmes par la fenêtre au cour des haltes, elles se débrouillent pour boire derrière le burqa en passant le verre par-dessous. Je ne sais pas si je ressens de la honte de la colère ou de la pitié pour elles, mais j’ai les boules. Raymond fait de même et me passe le thé, j’ai l’impression d’être dans un zoo, du mauvais coté de la cage !
La pluie, le vent, on n’y voit rien. Après un moment on s’engage dans les montagnes et c’est la neige. On mange dans une Chaï khana bondée. Le col est sûrement très haut. Il est en plein de brouillard mais, de l’autre coté, il fait presque beau. Ce sont des montagnes très rocailleuses avec quelques torrents et des villages perchés au-dessus de la route. Les maisons sont en pierre avec des balcons en bois. On redescend vers la plaine. Il y a pas mal de fermes fortifiées.
On arrive (enfin !) A Kabul. Il pleut, ça caille. On se retrouve dans une rue à l’allure occidentale : chicken street. Il y a du avoir pas mal de babas et maintenant beaucoup de touristes. Les hôtels sont pas trop chers mais la bouffe l’est plus. On achète un shilom et un morceau de shit (3-4 g pour 20 Afghanis) Il est pas mal. Il n’y a pas de Chaï khana ici, seulement des restaurants et des hôtels. Peu de femmes portent le burqa et il y a moins de turbans. J’échange mes bottes contre une robe et je paye 200 Afghanis en plus. Ca les vaut. Les gens ne sont pas très sympa en général, c’est assez décevant.
2 novembre
Ce matin on essaye de vendre notre sang mais Raymond se lève trop tard pour commencer et après il se perd complètement. Il faut prendre un taxi et de toute manière à l’hôpital ils n’ont plus besoin de sang. On passe à l’ambassade américaine. On se paye un super repas à rallonge, on ne peut pas résister ! On échange quelques trucs dans les magasins. Mon pantalon contre un bracelet ; la veste de Raymond contre un truc en fourrure et du fric. C’est toujours le même trip : baratin, thé, quelques joints…Mais on est devenu bien rodés. On part doucement de la boutique, ça marche à tous les coups ! On achète du shit à l’Afghan Tour Coffee house, dans l’arrière boutique, prix et qualité corrects. Ici c’est la ville, il n’y a pas grand chose à faire à part acheter, c’est bien dommage. Tous les Européens sont parqués à chicken street et n’en sortent que pour les ambassades ou pour prendre le bus.
3 Novembre
Raymond va à l’ambassade de l’Indes ce matin. Je ne quitte pas l’hôtel. Après on se balade dans Kabul. Le quartier neuf est moche et bruyant, la vielle ville n’est même pas très intéressante. On échange quelques trucs. On part demain pour Ghaznî.
4 novembre.
Ghaznî serait le pied si la présence du gouvernement n’était pas si intense. Il n’y a qu’un hôtel à des kilomètres du centre et cher ! 110 afghanis pour deux, pas d’eau, pas d’électricité avant 6 heures. Et bien sûr pas sympa. La ville est surmontée par une citadelle gigantesque. Au pied il y a un bazar aux bijoux, assez moches en général, de style moderne. Il y a aussi pleins de boutiques où ils teignent la laine. Ils ont des bains où ils trempent les pelotes. La terre tout autour est colorée. Ils ont beaucoup de pourpre, de violet et de rouge. On n’a pas le droit d’entrer dans la citadelle, encore une discrimination anti-étrangers. On se balade dans les jardins clôts. Pas un bruit, pas de vent, juste la chute des feuilles et des bruits d’eau. On comprend ce besoin de clore après les immensités du désert et cette intimité des maisons par rapport à la vie publique dans la rue où tout se passe. C’est très dur à saisir pour nous, surtout qu’on n’est jamais allé à l’intérieur d’une maison. D’après Raymond les Afghans sont très hospitaliers, mais avec ce nouveau gouvernement il y a eu beaucoup de changement, il y a de la parano dans l’air. On part demain pour Kandahar, la ville est chouette mais l’hôtel est trop !
5 novembre
On a fait le trajet Ghazni-Kandahar avec des minibus allemands. Un Allemand et sa femme Belge avec un ami Indien. Ils ont rencontré ce docteur qui avait eu un accident avec un cycliste. Il a dû passer 15 jours à Djellahabad pour procédures en plus il est tombé malade et a dû prendre l’avion. Il leur a passé le bus pour le retour. Il est grand et bien aménagé. Ca serait chouette pour le retour. Le paysage est vraiment super beau, et on voit bien mieux que dans un bus bondé ! Les montagnes surgissent du désert et il y a de très belles couleurs. On déjeune dans une petite chaï khana typique. On arrive à Kandahar vers 4 heures de l’après midi. La ville est plus grande qu’elle ne paraît. On prend une chambre dans un hôtel pas cher mais vraiment pourri. Pas d’eau, pas d’électricité et dans notre chambre il y a une vitre cassée sur la grande fenêtre qui donne sur la station de bus ! On se balade en ville. Il y pas mal de choses intéressantes. Mais c’est un peu trop animé du coté de crazy street et de tourist street. Il y a quelques mosquées et un mausolée. On achète du shit dans un magasin et on retourne le goûter dans la chambre. Ca craint vraiment mais le shit est bon.
5 au 11 novembre
On passe quelques jours tranquilles à Kandahar. On fume tout le temps. On a vite déménagé dans un hôtel sympa, le Peace Hotel avec une belle cour intérieure sur laquelle donnent toutes les chambres. Il y a pas mal de gens sympa. Le dernier jour on se promène un peu en dehors de la ville, c’est quand même plus tranquille. Quelques types nous branchent pour fumer. C’est dans un petit réduit où ils sont en train de presser le shit. Ils doivent être raides tout le temps, entre les vapeurs et la pipe à eau ! On fume avec eux, le foyer de la pipe peut contenir 100g ils nous disent ! En plus ils ne mélangent pas avec du tabac mais mettent du charbon de bois par-dessus ! Je ne raconte pas la taf !
On a appris qu’il y a des vacances religieuses pour trois jours, les banques et la frontière sont fermés. On est coincé à Kandahar mais ce n’est pas si mal ! Il y a de très bonnes vibrations à l’hôtel, il y a notamment des babas italiens et des canadiens très chouettes ; ceux qui reviennent d’Indes n’ont pas le même regard que les autres. Ils ont l’air un peu « délavés » mais très doux, très tolérants, je me demande ce qu’on va trouver là bas,
On explore un peu la ville. Il y a de très jolis coins tranquilles, un canal bordé d’arbres, des rues calmes et un enclot gardé par des flics. Je me demande ce que c’est.
On a appris qu’il s’est passé pas mal de choses en Iran depuis qu’on y est passé. Ca craint de plus en plus par rapport aux touristes. Ici aussi il se passe quelque chose, mais on ne réussit pas à avoir d’informations claires. Il y a bien des journaux ici mais écrits en arabe bien sûr, et les Afghans ont l’air gênés quand on leur demande de traduire. Il y a quelques hôtels de fermés ici mais dans l’ensemble c’est calme.
Le dernier jour à Kandahar été vraiment folklo. On a eu des problèmes de fric et la première chose a été de changer quelques dollars. Je suis retournée à l’hôtel pour quelques shiloms et le manager est arrivé en nous disant de partir. Les flics étaient déjà venus hier soir mais assez cool. Là, c’est sérieux, tout le monde s’est barré, dans toute la ville tous les hôtels ferment. C’est vraiment dommage que le gouvernement soit si chiant. Donc on est gentiment prié de dégager au plus vite, d’ailleurs il y a un couvre-feu général. On prend un bus pas possible pour la frontière, assis par terre avec des Afghans et des pakos, mais c’était super. A la frontière il faut cracher du fric tout le temps. Ils ont inventé un visa de sortie, qu’on aurait du avoir à Kandahar, on leur propose d’y retourner mais ça n’a pas l’air de les faire rire. Il faut payer une taxe de 100 afghanis mais nous ne les avons pas, du moins en monnaie locale. Discussion interminable. Je me montre ferme, s’ils nous changent des dollars ils nous font le taux légal, pas d’arnaque. Ca dure jusqu’à la nuit ! A la fin tout s’arrange, des italiens de passage nous prêtent l’argent, on leur rendra à Quetta. Ils nous donnent l’adresse de leur hôtel. Ils continuent dans leur minibus, il n’y a pas de place pour nous. On prend un taxi pour le coté pakistanais. Là c’est vraiment relax : pas de douanier, pas de tampon. On les cherche partout mais on ne les trouve pas. On prend un rickshaw jusqu’à Chaman, la ville frontière. Ils nous disent qu’il y a un couvre feu, ici aussi ! C’est probablement pour ça qu’il n’y avait personne à la douane ! On dort dans un caravanseraï avec 4 pakistanais du bus qui nous ont pris en charge. On fume et on joue aux échecs, ils nous regardent sans un mot.
_________________
sincere but not SERIOUS
Revenir en haut Aller en bas
boudhinette
Membre
Membre


LionRat
Age : 48
Inscrit le : 05 Déc 2005
Messages : 174

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Ven 17 Mar - 7:25

PAKISTAN

Tout le monde se lève au point du jour. On prend un car incroyable, tout décoré avec une musique délirante et bondé comme d’habitude. On passe un col assez chouette. C’est le désert. Beaucoup de contrôles militaires. Ils cherchent des armes. D’ailleurs c’est un gouvernement militaire au Pakistan. Quetta est beaucoup plus « civilisée » qu’une ville afghane moyenne. Plus que Kaboul même ! Il y a plus de voitures et en général plus de script anglais. On prend une piaule dans un hôtel assez crado mais pas trop cher. La vie semble quand même un plus chère ici qu’en Afghanistan. Ils sont sous la loi martiale, je me demande s’il y a un couvre-feu ici.
On a rencontré les Canadiens de Kandahar. Ils ont été invités à passer la nuit chez des gens à Chaman. C’était très chouette paraît-il. Ce matin les flics sont venus nous fouiller à 10h1/2. Ils cherchent du shit, mais ils n’ont rien trouvé. On change d’hôtel. La ville n’est guère intéressante. Les bazars sont moins chouettes qu’en afghanistan. C’est quand même intéressant de sentir l’approche de l’Indes et en même temps le début de l’influence anglaise. Des vieux magasins en bois, le thé au lait, des book-shop en anglais et les pâtisseries typiques, c’est marrant. Au milieu de l’après-midi on é »tait en train de fumer une pipe à eau avec un allemand quand les flics sont venus. Deux fois en un jour c’était trop, c’est ce qu’on leur a dit, alors ils nous ont laissés tranquilles. Par contre ils ont cassé la pipe, quels emmerdeurs ! On a toujours pas vu les Italiens. J’ai l’impression qu’il y a des vibrations contraires entre nous. C’est dommage. On a bouffé deux fois au restaurant aujourd’hui, c’est très cher. Je m’en passerai bien et je préfèrerais manger dans des petites chaï khanas typiques mais ça fait plaisir à Raymond.
Aujourd’hui nous sommes allés à la gare prendre nos billets. J’ai eu une « student concession » 50% de réduc et Raymond une « tourist concession » 25%. Les prix sont vraiment dérisoires, en tout 5$ pour traverser le pays à deux ! On se ballade dans le bazar. C’est beaucoup plus vivant que les autres quartiers de la ville mais c’est quand même moins esthétique que l’Afghanistan (plus de pacotille). Il y a des fruits nouveaux ; jaunes et très très odorants. Mais le goût est décevant. On prend un thé dans une (presque) chaï khana. On se fait brancher par un vieux vraiment pas possible. Soufi ! Il nous amène chez lui, chez lui… C’est à l’autre bout de la ville à coté du cimetière au pied de la montagne. Les tombes sont recouvertes de galets et très simples. Pas de croix bien sûr, mais une pierre plus grosse à chaque extrémité. Pas de fleurs mais des bâtons d’encens partout. Le vieux habite là, un mur entoure quelques tombes et sa cabane. C’est vraiment un type fantastique. Il habite tout seul mais il y a tout le temps du monde chez lui. A l’intérieur les murs sont tout tapissés d’images religieuses naïves comme dans les chaï khana : Images de la pierre noire à la Mecque où de mosquées célèbres. Deux pipes à eau, un matelas, une bouilloire et quelques instruments de cuisine. Des pigeons qui vont et viennent. Dehors, le puits, quelques arbres, un abris pour les jours chauds. Une famille de chiens habite dans une cabane à coté. Et juste derrière, les montagnes qui ont l’air de jaillir du jardin. On fume une pipe, on boit le thé. Il nous invite à manger et nous raccompagne en ville après. Il nous montre une collection de gens qui sont passés chez lui : tous des babas ! Raymond lui donne sa photo. C’est chouette de trouver encore des gens comme ça !
Le trajet en train Quetta-Lahore a été plus relax que je pensais. On a eu des places assises (pas trop serrés) dans un compartiment avec des pakos sympa. Les trains sont à vapeur ici. Les sièges en bois, au-dessus se trouvent des sortes de banquettes pour mettre les bagages. C’est l’endroit le plus cool parce qu’on peut s’allonger. Au début on passe dans le désert et les montagnes. C’est très très beau. Les gens par ici utilisent le chameau pour labourer. C’est assez préhistorique comme charrue : un bout de bois sur le coté qui se termine en pointe, il suffit d’appuyer dessus.
Au bout d’un certain temps on descend dans la plaine de l’Indus. Beaucoup plus étouffant et humide. Pas de problème de bouffe ici, à chaque arrêt on peut manger n’importe quoi. Des gens passent le long des fenêtres avec des fruits, des gâteaux, des beignets et même des plats cuisinés. A une gare quelqu’un nous tend un joint. A une autre, il y a une bagarre qui éclate entre deux types pour une histoire de siège. La nuit est assez pénible. On arrive à trois heures à Lahore, 27 heures de trajet ! C’est une grande ville, beaucoup de voitures et de gens en général. Trop de bruit, trop chaud. Pas mal de merde.
On trouve un hôtel qui est « fortement déconseillé » par le Guide du Routard. C’est vraiment pas cher. Les gens ont l’air d’escrocs. Par contre Raymond s’est déjà fait piquer son couteau dans le train. On rencontre un type du Cachemire qui envoie des paquets avec du shit dedans. "Hash business ». Le type de l’hôtel nous vend du shit et nous arnaque sur la quantité. C’est un vrai escroc. Il y a un français qui revient d’Indes. On discute avec lui. J’ai l’impression que le Népal est devenu très touristique mais que les montagnes au Nord de l’Indes sont encore bien.
Le matin on se ballade un peu en ville. C’est pas le pied, des grands axes avec beaucoup de bruit. On goûte à pas mal de trucs: des feuilles de bétel. C’est assez bon mais ça fait cracher pendant des heures du jus noir. Le soir on se ballade dans les vieux quartiers. Plein de petits restaurants sur le bord de la rue où on peut trouver des trucs comme de la soupe de lentille très épicée, du riz et autre.
Il arrive encore une histoire pas possible à Raymond. Hier soir un type vient lui demander 30 roupies et en garantie lui donne une bague. Mais il s’est fait piquer la bague pendant la nuit et aujourd’hui il ne la retrouve pas. Le type nous fait chier. Il a fallu lui donner la pierre de lune que Raymond portait mais que ma grand-mère avait ramené d’Indes et m’avait donnée. J’y tiens pas mal. J’ai gardé la chaîne en argent et le type m’a donné un petit bracelet mais il ne nous a jamais rendu les 30 Rs. Trois arnaques en deux jours pour le Punjab. C’est beaucoup.
On se ballade dans la vieille ville, c’est beaucoup plus tranquille. On goûte des goyaves et du lhassi : C’est du yaourt battu, pas mauvais du tout. Il y a des vaches partout. On nous branche pour fumer assez souvent. Hier on est allé voir les cinémas. Ce sont des immenses palais avec photos de trois mètres de haut. Tout ça dans un style vraiment délirant. Au retour on fume quelques joints avec des types au bord de la rue.
On a rencontré l’Allemand de Kandahar. Son copain italien est encore à Kaboul. C’est toujours les mêmes gens que l’on rencontre ! C’est dommage, mais il y a des mecs sympas. On va fumer avec eux dans un restaurant en terrasse au-dessus du bazar. Cool ! Il y a des tas de pâtisseries et de bons trucs genre jus de fruits (mangue, ananas), glaces, beignets. On bouffe trois fois trop !
Rebondissement de l’affaire de la moon-stone. Ce matin en faisant les bagages pour partir en Indes, Raymond a trouvé la bague du type. Il est tout de suite allé le trouver, mais il avait soi-disant vendu la moon-stone. On s’arrange avec lui quand même mais ça prend du temps. Finalement, le soir après moult baratin, on récupère la moon-stone miraculeusement apparue et l’argent qu’il nous devait. On prend le car pour l’Indes. La campagne est chouette. Dans le car je suis du coté des femmes, elles ont toutes trois ou quatre enfants en bas age. Mais elles sont belles en général. Ici elles ne portent pas le burqa mais quand même un voile noir qui recouvre tout avec une voilette devant le visage. Elle le relève quand elles sont entre elles ou pour manger. La frontière est cool sauf que du coté pakistanais on n’avait pas de tampon d’entrée, et pour cause ! Nous n’avons vu personne à Chaman. Au début le flic était très strict, on a failli devoir retourner là-bas, mais heureusement il y a un officier sympa qui nous laisse passer. Il dit « It is my duty to help tourists in my country ». C’est vrai qu’avec le tampon de sortie d’Afghanistan on n’aurait pas pu arnaquer trop mais quand même c’était sympa de sa part.
_________________
sincere but not SERIOUS
Revenir en haut Aller en bas
crystale
Habitué
Habitué



Inscrit le : 16 Mar 2006
Messages : 57

MessageSujet: Re: afghanistan,/Indes 78   Ven 17 Mar - 17:25

encore steuplé heyho
Revenir en haut Aller en bas

afghanistan,/Indes 78

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivante

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Psytrance-forum.com :: :: Événements :: :: Carnet de voyage-