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le lotus Invité
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Mer 22 Mar - 23:17 | |
| | des frites parfumées à l'huitre :arf: , moi je crois que ca m'aurait fait vomir ... |
|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Jeu 23 Mar - 2:47 | |
| | le lotus bleu a écrit: | | des frites parfumées à l'huitre :arf: , moi je crois que ca m'aurait fait vomir ... |
mais c'est clair!!!!!!!!! elles étaient vraiment dégueu, la bouffe en Egypte faut bien le dire : c'est pas  |
|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Jeu 23 Mar - 4:38 | |
| Samedi 15 septembre, pour ne pas oublier que boire de trop fracasse les lendemains avec la chaleur constante de Dahab il fallu bien « supporter » les idioties de la veille. Alors au petit déjeuner pris au « Sea Side » nous décidâmes d’écrire à tous nos amis dans un coin + tranquille et + accessible à la mer : le « Napoleon ». Parce que la musique avait moins de 15 ans et l’équipe semblait + rigolote. Il faut préciser que les vacances égyptiennes ne sont pas faites pour les solitaires amoureux de leur tranquillité. Une 15aine de resto-paillotes s’échelonnaient le long de la plage : L’Al Capone L’Aladdin Le Sea Side Le Blue Moon Le Napoleon Le Laura Le Friends Le Shark Le Sun Set Etc… Côté mer c’était tranquille pour accéder de l’un à l’autre, mais impossible de se trimbaler avec son sac par voie marine, côté rue c’était INFERNAL !
« Hey Missiou !! Tou é french ? » « Viens voir le miniou de ma restaurante ! » « For you desserte free et aussi beverages free » « look at this fish ! it’s my girl friend! I made it for you.. » :rigole:
Chaque restaurateur s’équipait d’un cuisinier ou plus, de serveurs qui faisaient la navette d’un côté de la rue (cuisines) à l’autre (salons en front de mer) pour porter les plats, d’un ou deux « caissiers » seuls responsables de l’argent (jamais les serveurs) et de 2 ou 3 recruteurs qui flânaient dans la rue pour arrêter : « TOUS les piétons » en leur demandant d’où ils venaient, depuis quand ils étaient à Dahab, comment ils s’appellaient, et bien sûr si ils avaient jeté un œil à leur super menu ! Et cela à chaque restaurant, autant dire tout le long de Dahab ! Idem pour les marchands de souvenirs en face de la rue, idem pour les loueurs de dromadaires : - « Camel ? » - « Lah choukran ! » - « Laaaaahh ?? you speak arabic ? » - « jeusteu fiou oueurdze » - « haaa tou é french ? Comment vous appellez toi Missiou ?? Idem, pour les taxis : « taxi ? taxi ? taxi ?? or not taxi ? » ou bien « horse ? horse ?» « dunkey ? dunkey ? »
Et quand enfin vous étiez attablés quelque part, soit les gamines bédouines vous sollicitaient du matin au soir pour vendre leur « brrrrracelet Missiou ? » « Lah choukran ! » « why ? » « because !» « but why because ? »…. Soit vous vous faisiez squatter voire littéralement arracher votre cuisse de poulet à même l’assiette par les « Hota » chats égyptiens, très maigres et très longs sur pattes, souvent défigurés par de vilaines blessures de guerre, voire atteints de lèpres peu ragoûtantes, (surtout pour moi qui suis allergique aux poils des chats, mais avec la chance que j’ai, j’arrive toujours à en attirer un qui ne me lâche pas et qui se frotte et refrotte sur moi avec une fidélité digne de Lassie), ou bien vous vous faisiez envahir par les cafards…

Mais quand tout rentrait dans l’ordre : quel calme….. Ha pardon ! J’allais oublier la musique ! Un resto-glande sur 2 était équipé d’une sono avec ampli pour passer donc des tubes presque 20naires : Tracy Chapman, les Bangles, Bob Marley : the best of, ou autres vieilleries radiophoniques faisaient un carton d’où l’intérêt de les passer en boucle toute la journée alors soyez généreux : offrez sans compter vos cassettes perso dernier cri, pas de cd, y a pas le matos, au moins vous ferez des heureux en participant au renouvellement musical de la région, et vous soignerez vos tympans mélomanes !!! lol
Alors on déjeunait, on se baignait afin de se rappeler que l’on avait encore une motricité, ou on allait « chnorkeulingue » un peu plus loin vers le récif pour se remettre dans les droites lignes des merveilles sous marines de la Mer Rouge : et ça marchait à chaque fois …. Et puis la nuit tombant vers 18h on allait se doucher et on retournait au resto dîner, fumer un chicha, et déconner avec les recruteurs…. Une pure vie de pachas !
 chicha : pipe à eau permettant de fumer du tabac égyptien parfumé à la fraise, menthe, cardamome, cannelle, etc.. en le brulant à l'aide d'une pierre de charbon, le goût est très suave et après une dizaine d'aspiration on a la tête qui tourne un peu, et on se sent complètement délassé. et c'est garanti sans substance psychotrope!
C’est ainsi que se déroula ce samedi, après avoir écrit 25 cartes postales à tous les amis qui le méritaient… Kifra faisant régulièrement du sport depuis notre arrivée, il plongeait 2 fois plus que moi, éprise de siestes sous les paillotes, se promenait partout et apprenait peu à peu quelques mots d’arabes, il m’invita donc à visiter la rue des échoppes avenante à notre camp. Attirés par les boutiques enfin « closes » (ça permettait de regarder la vitrine sans acheter) nous fumes cependant conviés à entrer dans une typique « Egyptian perfumes shop » (pour la 2de fois, car elles faisaient également office de salon de thé où l’on philosophe) mais cette fois-ci l’invitation fut de traduire les messages en français du Livre d’Or de la boutique, et boire un thé au karcadé (fleur d'hibiscus infusée colorant le thé en rouge grenat et donnant un goût très particulier légèrement citronné) pour discuter. Nous fîmes alors la connaissance de Hatim et d’Abdullah, à qui j’embarquais par mégarde ses « sagaïr » (cigarettes).
Petit dîner aux chandelles et aux « cockroaches » puis rentrage au camp pour un traditionnel « chai-avant-d’aller-se-coucher-avec-Hani-le-colle-au-train ! » puis inspection de la chambre afin de s’assurer que souris, araignées, cafards, mouches et autres varans ne nous tiendraient pas compagnie pendant notre sommeil… Cependant même si ce fut une vraie journée de glande comme je les aime tant : resto, baignades, fighting avec les recruteurs, un programme à mettre en place pour le reste de la semaine s’imposait : Aller à Louxor or Not ? Après mûre réflexion ce fut Not, too expensive, too far, too tired, so we decide to stay 11 days in Dahab. Ainsi nous décidâmes le lendemain de visiter l’autre partie de Dahab, celle qui s’enfonce vers le désert.
Aussi le lendemain dimanche 16 septembre, après un copieux petit dèj égyptien, je décidai de retourner à la boutique d’Abdullah pour lui rendre un paquet de sagaïr «Cleopatra » (2£E le paquet de 20 et elles ont à peu près le goût des américaines).

Chemin faisant nous fumes sollicités pour une ballade au « Blue Hole » prévue pour le lendemain à 11h du matin (enfin une excursion !) Nous retrouvâmes donc Abdu qui rit bien de ma méprise mais félicita mon honnêteté malgré tout. Alors re-thé offert dans la fraîcheur climatisée de la parfumerie, mais trop occupé dehors et Hatim absent pour la journée, il appela son cousin pour nous expliquer ce qu’était « El Azar » au Caire. Nous apprîmes donc qu’il s’agissait de la Grande Mosquée du Caire érigée en hommage à Mohammed Ali (fondateur de l’Islam en 630 après JC) et aussi l’université coranique et pluridisciplinaire la plus prestigieuse du monde musulman. Puis la conversation s’étendit à une pure réflexion sur l’islamisme et les diverses philosophies et religions de ce monde. A présent Kifra et moi en savions un brin sur la puissance de l’Islam. Ravis, nous quittâmes la boutique sans avoir revu Abdu. Nous entrâmes donc dans une échoppe de tapis bédouins en laine de chameau dont le vendeur nous fit tous les éloges tentant vainement de nous en rendre acquéreurs, mais papotant de ci de ça nous abordâmes le sujet du haschich à Dahab… Journée hautement philosophique !
(pour info : si Dahab fut une sorte de carrefour de la drogue au temps des hippies dans les 70’s, le village se situant à l’est du Sinaï à quelques kilomètres par la route de la frontière israelienne, et à quelques miles marins de la côte saoudienne, aujourd’hui toutes substances hallucinogènes et psychotropes sont totalement prohibées, et le village étant hautement surveillé par une garnison militaire et un commissariat de police fraîchement bâti, la simple détention d’un joint vous vaudra de sérieux ennuis, car même les locaux sont très frileux à ce sujet)
Dernière édition par le Lun 27 Mar - 18:39, édité 1 fois |
|  | | boudhinette Membre


  Age : 48 Inscrit le : 05 Déc 2005 Messages : 174
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Jeu 23 Mar - 7:39 | |
| tu n'as pas parlé du genre de touristes là bas, si dans les années 70 c'était freaks, là c plutôt travellers; patogasses, jet-set? _________________ sincere but not SERIOUS |
|  | | Secret side Admin


  Age : 28 Inscrit le : 14 Nov 2005 Messages : 828
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Jeu 23 Mar - 13:21 | |
| | marrant tous les petits dessins et autres, je me souviens je gardais aussi les tickets de musées etc !!! |
|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Jeu 23 Mar - 13:36 | |
| | boudhinette a écrit: | | tu n'as pas parlé du genre de touristes là bas, si dans les années 70 c'était freaks, là c plutôt travellers; patogasses, jet-set? |
héhé ça vient ça vient, je me rend compte que dans la retranscription du carnet, les 1ers jours j'étais repliée sur moi même, c'est après que je commence à échanger avec les autres. mais Dahab c'est super roots comme station, en 2001 c'était plutôt du routard international, des passionnés de plongée sous marine qui viennent des 4 coins du Monde pour découvrir les récifs, beaucoup de femmes seules qui cherchent un mari égyptien (parce qu'ils sont canons les mecs là bas faut bien le dire, et ce sont des musulmans libéraux les égyptiens, ils tolèrent assez bien les occidentales) et beaucoup de couples jeunes comme nous l'étions, plutôt férus d'égyptologie, donc ni riches ni pauvres, ni freaks ni jet set. A l'époque les seuls touristes arrogants c'était les israeliens et les italiens, mais les Locaux savaient tirer leur parti des imbéciles. Et en définitive lorsque je voyage je m'intéresse très peu aux touristes mais plutôt aux autochtones, enfin selon les cas. |
|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Jeu 23 Mar - 13:40 | |
| | Secret side a écrit: | | marrant tous les petits dessins et autres, je me souviens je gardais aussi les tickets de musées etc !!! |
éhéh! si tu voyais tous les flyers que j'ai ramené de Tel Aviv : j'ai du me racheter une valise sur place pour rapporter le trésor mortderire |
|  | | boudhinette Membre


  Age : 48 Inscrit le : 05 Déc 2005 Messages : 174
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Sam 25 Mar - 8:06 | |
| panne de WE? moonwalk  _________________ sincere but not SERIOUS |
|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Dim 26 Mar - 16:34 | |
| | boudhinette a écrit: | panne de WE? moonwalk  |
en effet.... :sleeep1: |
|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Lun 27 Mar - 15:17 | |
| Lundi 17 septembre Levés tôt pour une excursion en Jeep au « Blue Hole ». Une anse profonde de 80m, à 15km au nord de Dahab. Un paradis pour le snorkeling. Nous partageâmes le périple en jeep avec 2 anglais, Mike et Will que nous revîmes à peine par la suite à Dahab, et un allemand de Manheim, Michael et une suisse-allemande Eva. Le Blue Hole était une sorte de cirque naturel taillé dans le récif corallien au pied de la montagne, pas de plage, juste une série de paillotes posées à même le sol rocailleux, et un ponton pour se jeter dans l’eau. C’était le rendez-vous des plongeurs en bouteille confirmés : 80 m de profondeur et une faune sous marine toujours plus variée compte tenu de la tranquillité de l’endroit : mis à part les quelques paillotes pour se restaurer, pas de commerce en dur, pas d’habitation permanente, le désert et rien que le désert, et une poignée de bédouins pour nous dorloter. Nous passâmes tout l’après midi dans ce coin de rêve, loin du bruit, avec au lointain vue sur les monts de l’Arabie Saoudite. Je passai la journée à faire la planche à la surface de l’eau, nageant à peine, l’eau était tellement saline qu’on ne s’enfonçait que de quelques centimètres, ce qui permettait presque de s’endormir sans risque de couler vers le fond. Comment décrire la splendeur du lieu…. Le Blue Hole formait une sorte de cône dont les parois s’enfonçait graduellement jusqu’à 80 m de profondeur, en fait il était impossible de distinguer le fond, alors je supposai en voyant les bulles des plongeurs bouteilles remonter à la surface, que ma vision ne me permettait pas de voir au-delà de 30 mètres, l’eau à la surface était totalement incolore et se dégradait dans un camaïeux de bleu-vert allant du vert amande au turquoise profond. Toute la paroi, constituée de rochers gris-rouge puisqu’il s’agissait du pied de la montagne, était entièrement fleurie de coraux multicolores, jaune souffre, bleu électrique, bleu turquoise, bleu de cobalt, pourpre, mauve, vert comme de la mousse, c’était la première fois que je voyais des coraux vivants, tous mes rêves de gamine prenaient vie là sous mes yeux, moi qui fantasmait sur la vie sur une planète lointaine, j’imaginais à cet instant que j’avais devant moi une forêt psychédélique, abritant à tous les étages les animaux les plus extraordinaires qui soit : des maquereaux tigrés en rose et jaune sur le dos et en vert et mauve sur le ventre, des sardines roses fluo, des poissons indigos avec des nageoires jaunes comme des boutons d’or, des poissons clown par centaines qui dansaient autour de moi, pas sauvage du tout, des anémones de mer de toutes les couleurs, des espèces d’organisme ressemblant à des trompes d’éléphant toute noire qui se ballottaient au gré du courant, et toute sorte de coquillages bizarroïdes, qui se promenaient dans leurs forêts de coraux…. Bref, j’y perdis tellement bien la notion du temps, que le soleil eut largement le temps de me roussir toutes les parties de mon corps émergé, à savoir le fessier : aïe ma mère ! je ne pu m’asseoir pendant 2 jours, assortie au poisson clown du coup… Mais en attendant, je peux vous garantir que la sensation de sérénité et de paix que me procura cette expérience, m’emmena jusqu’à accepter de finir ma vie à cet endroit précis, plus rien ne m’angoissait, ce doit être cela le nirvana… Tant que vous restiez dans l’enceinte du Blue Hole, aucun mouvement ne pouvait déranger votre farniente au ras des flots, mais de l’autre côté du récif, la courant pouvait vous emporter bien loin au large, parmi les requins marteau, les requins blancs, les dauphins et toute la faune dangereuse, il fallait faire très attention de ne pas trop s’aventurer à l’extérieur du coup. Un peu plus loin hors du récif, vous pouviez, en bouteille, descendre dans une fosse sous la montagne, une sorte de canyon sous marin de 80m de profondeur, à priori éclairée par des ajourements dans la roche, et cet endroit était une sorte de maternité de dauphins, vous pouviez rencontrer des familles entières et jouer avec eux. Personnellement, ne pratiquant pas la plongée en bouteille, je n’ai pas pu me le permettre, d’autant plus que sur les rochers menant au canyon, des plaques commémoratives rendaient hommage aux nombreux plongeurs qui avaient trouvé la mort à cet endroit…. Donc snorkeling, chicha et karcadé en compagnie de Michael et d’Eva tout l’après-midi, c’était déjà très riche en luxe, calme et volupté ! Seule ombre au tableau dans cette journée : une poignée d’israëliens grandes gueules, qui firent péter leur blaster, rutiler leur matos de plongée dernier cri, poussé tout le monde pour dire « On est là ! Vous n’aviez pas remarqué ? » Et traité les serveurs bédouins comme des chiens…. Beurk ! J’avais déjà entendu dire que les Isra ne savent pas se comporter à l’étranger mais là je dois reconnaître qu’ils défiaient la concurrence aux italiens….. 
 Michael et un égyptien devisant...
Au retour, nous nous étions rencardé avec nos compagnons de jeep pour un apéro collectif à l’Al Capone. Les anglais y étant à l’heure nous partageâmes quelques bières, puis ils partirent et nous en restâmes là avec eux. Eva et Michael nous rejoignirent alors pour dîner au Napoléon. Il s’avéra que tous 4 partagions une passion commune : la musique électronique, aussi le dîner s’épanouissant, nous continuâmes par un chicha au Seaside. Les recruteurs du lieu se joignirent alors à nous pour une rigolade jusqu’au bout de la nuit !
Michael partant le lendemain après-midi pour Nuweiba (en mission de distribution de photos souvenirs à des bédouins de la part d’un de ses amis), nous décidâmes de prolonger cette rencontre avec Eva, en lui offrant de nous accompagner le lendemain soir pour une excursion nocturne au Monastère Ste Catherine. Ainsi nous venions de nous faire une copine à Dahab 
Dernière édition par le Lun 27 Mar - 21:23, édité 1 fois |
|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Lun 27 Mar - 18:01 | |
| Mardi 18 septembre Après une bonne grasse matinée, nous prîmes notre habituel petit dèj au Seaside avec Michael et Eva, où nous passâmes presque tout l’après-midi à discuter et nous baigner. Eva nous parla de la vie en Suisse. Originaire de Lucerne dans la région de Zürich, elle venait de fêter ses 18 ans, elle avait fait une école de massage médical, ses grands parents, oncles et tantes étaient tous membres de la communauté de Jehova, alors sa mère pour y échapper avait divorcé et s’était remariée à un africain (ce qui n’était pas encore monnaie courante en Suisse), elle avait donc 2 demi frère et sœur suisso-angolais adorables. Mais ce mariage avait amené une certaine précarité dans sa famille, son beau-père ayant du mal à trouver des emplois corrects et durables, Eva se considérait donc comme une « pauvre » en Suisse, mais elle profitait de ce « désavantage » par une compensation notoire : en Suisse les familles dont le revenu étaient inférieur au smic local, bénéficiaient alors de la gratuité absolue des transports en commun sur le territoire, et d’une forte ristourne sur les trajets à l’étranger pour les – de 25 ans. Ainsi Eva était déjà partie 3 mois seule en Inde l’année précédente, et là elle s’offrait 15 jours à Dahab pour un stage de danse du ventre d’une semaine, offerte par son école de danse orientale de Lucerne, elle s’était donc donné une semaine de + pour découvrir la région avant de commencer le stage, et espérait pouvoir la passer en notre compagnie, car son statut de fille seule lui attirait des nuages de prétendants égyptiens Par ailleurs, elle nous fit découvrir l’accent très spécial des suisse allemands qui disent « irrrrrr » au lieu de « ich » : « irrrrrr liebe dirrrrrrr » par exemple Autre anecdote : les Suisses avait des boutiques qui vendaient de la ganja en sachet à fumer, mais pas pour fumer d’après elle, c’étaient des sachets de chanvre destinés à parfumer les armoires à linge, alors tant que le sachet était hermétiquement clos lors d’un éventuel contrôle par la Polizei, vous n’êtiez pas inquiétés, mais si vous l’aviez ne serait-ce que déchiré vous risquiez une amende de quelques centaines d’euros et une nuit au poste : bonjour l’hypocrisie !! Puis vint l’heure du départ de Michael pour Nuweiba et nous ne l’avons jamais revu. Nous nous retrouvâmes au Tota Bar vers 19h pour une bière fraîche avec Eva, après une douche et une sieste en préparation de la nuit de trekking qui s’annonçait, puis nous dînâmes copieusement à l’Aladdin, réputé pour ses meilleurs chich kebab, ses meilleurs poissons mieux frais et mieux parfumés que chez les autres, et ses mégas desserts glacés… et à 23h nous prîmes le minibus en route pour le MONT SINAI !!! Le minibus fit le tour de Dahab avant de se diriger enfin vers le site sacré où Moïse reçu les 10 commandements, des siècles avant notre ère. 90km plus tard, enfin déposés au pied du Monastère Ste Catherine : un édifice religieux très ancien tenu depuis toujours par les 1ers moines orthodoxes, et dont la particularité est de conserver dans une crypte sacrée, le fameux « buisson ardent » de la Bible, objet symbolique de l’incarnation de Dieu lorsqu’il s’adressa à Moïse pour lui remettre les Tables de la Loi, (tu ne tueras point, tu ne voleras point, etc…) et guider le peuple juif hors d’Egypte… ; nous marchâmes dans l’obscurité complète jusqu’aux portes du monastère. Le ciel d’un noir d’encre dévoilait tant de constellations d’étoiles que nous pouvions presque sentir la texture de la Voie Lactée, « Milche Strasse » en Eva. Les dromadaires nous frôlaient dans l’ombre et nous entendions susurrer « Camel ??? » alors sur le même ton nous murmurions : Lâhhhhh choukran En traversant une petite cour déserte ornée de lauriers en fleurs et de plantes grasses, à la lumière d’un néon éclairant les façades closes d’un petit marché touristique, nous pûmes apercevoir le visage du bédouin qui nous filait depuis quelques mètres. Se proposant pour nous guider dans la montagne pour 10£E chacun, nous optâmes pour le chemin « facile » qu’il nous indiqua. Alors l’ascension du Mont Sinaï commença. Nous marchâmes presque une 1/2h non stop jusqu’à la 1ère pause flotte, lorsque le guide nous expliqua qu’il y avait encore 1h30 au moins de marche, nous étions déjà en nage et complètement essouflés. Puis chemin faisant nous rencontrâmes divers groupes de bédouins et leurs dromadaires marmonnant inlassablement « camel ? », ainsi que des petites huttes en tôles vendant boissons fraîches et barres chocolatées. Lorsque nous fîmes notre 2de pause dans l’une de ces huttes, son propriétaire nous expliqua qu’il restait une bonne heure de marche, dont la moitié du chemin en pierre, puis 700 marches taillées dans le roc à gravir. Le Sinaï culminant à 2200m environ, tout cela bien sûr dans la nuit la plus complète. En somme jusqu’ici la randonnée simplement éclairée par les étoiles avait été une sinécure. Au pied des 700 marches, je cru défaillir, nous fîmes donc une 3ème pause pour soulager nos membres déjà hors d’usage et grignoter un snickers à 5£E, pas donné la barre de cahuète, mais nous pûmes grâce au guide faire notre halte à l’abri du vent déjà glacé, sous une cabane équipée de matelas et de tentures. Il nous proposa de dormir là quelques heures, mais non, nous décidâmes d’en finir avec cette ascension et de patienter au sommet jusqu’à 6h00 du matin comme prévu. Halalalalala !! Les 700 marches ont presque eut raison de nous : chaque marche faisait au moins 30cm de haut ! Insoutenable ! Enfin en haut du Sinaï, nous pûmes louer un matelas et nous nicher dans une alcôve naturelle à flanc de montagne. Le silence. Bien serrés tous les 3 sous l’unique couverture, devisant sur l’espace infini de l’univers, et sur les conditions de vie des bédouins dans ce désert montagneux (nous apercevions dans le précipice en contrebas de minuscules touches de lumière provenant de foyers allumés par les campements des bédouins), nous finîmes par sombrer une heure ou deux. Quand un brouhaha de criaillements italiens nous extirpa de nos songes bibliques ou intersidéraux, une faible lueur avait transformé la Voie Lactée en une voie turquoise. Progressivement, en moins d’une 1/2 heure, les étoiles s’éteignirent et la voûte se fit arc-en-ciel jaune au centre et en dégradé vers l’indigo du nord au sud. Les montagnes se découpaient sur ce spectacle céleste, brunes et déchiquetées. Lorsque la lueur jaune eut remplacé toutes les étoiles, le disque solaire apparut instantanément à la crête du mont nous faisant face, en 15 secondes chrono, le soleil avait totalement fait son apparition au dessus des mythiques montagnes du Sinaï… et une vilaine trance bien commerciale déchira l’air, déjà saturé de gloussements suraigus des ritals qui nous soûlaient déjà depuis une heure…Ce jour là, le lever du Soleil sur le Mont le plus mythique de l’histoire judeo-chrétienne s’était offert à nous baffoué par la connerie humaine. Nous pliâmes bagage et entamèrent rapidement la descente aux enfers, car la température depuis l’apparition du soleil commençait dangereusement à grimper. 3300 marches de 20 à 40cm de hauteur, taillées dans le flanc de la montagne formaient « Les Marches du Repentir », œuvre surhumaine d’un moine qui expia ses fautes en façonnant à la main l’escalier le plus incroyable du Monde, ainsi qu’une porte en pierre de style roman coincée entre deux pans de montagne, laissant à peine passer une personne à la fois, mais offrant une vision du panorama à mi-chemin du périple assez mystique. Descente infernale, mais fort intéressante : jonchée de dizaines d’espèces de végétaux désertiques, et de dizaines d’espèces de vieilles pouffiasses italiennes à la ramasse, qui n’hésitaient pas à nous faire des crocs en jambes pour nous empêcher de les dépasser. Il était 8h du mat, et il faisait déjà presque 50°C au soleil, pas vraiment envie d’attendre derrière elles qu’elles se décident à avancer au lieu de s’arrêter papoter de leurs derniers achats à Milan, ou de leurs problèmes de sciatiques…. La descente fut si dure que nos jambes tremblaient à fond à chaque marche, nous avions fini par adopter la technique des bédouins, qui sautillaient en courant comme des chamois sur les rochers alentours, le fait de rebondir permettant d’une part de moins sentir les mollets se durcir, et d’autre part le train nous faisait gagner de la vitesse, et éviter le cordon de grabataires séniles… Enfin au pied du monastère, 300 italiens attendaient en piaillant à l’entrée pour la visite « au buisson ardent », celle-ci ne pouvant s’effectuer que de 10h à midi chaque jour, comme nous venions déjà de retenir nos pulsions d’en jeter quelques uns dans le vide durant 2h, nous sacrifiâmes notre irrésistible envie de … saluer l’arbre-dieu ! La nuit ayant déjà rempli nos têtes d’images sacrées inoubliables, nous nous en retournèrent harassés, par la route du désert, dans un minibus non climatisé en plein midi, la langue complètement desséchée, l’œil torve, la tête oscillant faute d’appui-tête, et là je compris que mon rêve de traverser le désert en plein jour à pied ou à dos de dromadaire, ne ferait pas partie de ce voyage-ci. Jamais je n’avais eu aussi chaud et mal partout ! Une fois garés sur la plage de Dahab, nous jetâmes nos sacs et nos baskets et plongeâmes tout habillés dans la mer : de l’eau !!! Vite de l’eau !!! Nous zonâmes amorphes sur la plage ou dans le bungalow (vraiment trop chaud), mais à la nuit tombée nous achevâmes ce 19 septembre 2001, les yeux pleins d’étoiles, le corps rompu, heureux !
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|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Lun 27 Mar - 18:03 | |
| Jeudi 20 septembre Après un petit dej à l’Aladdin où nous attendait Eva, en pleine forme mais les mollets tuméfiés, nous décidâmes de passer la journée au Napoléon pour nous baigner, et jouer au backgammon en fumant des chichas. Mohammed alias Bob l’éthiopien, se joignit à nous une bonne partie de l’après-midi pour nous coller raclée sur raclée au jeu… C’est alors que nous introduisîmes LTJ Bukem pour la 1ère fois à Dahab, ainsi que Mad Professor et Silford Walker et Wilton Irie, à la demande expresse de Bob, ancien dj de Dahab, au chômage depuis que le « tsunami venu de la montagne » avait rasé Dahab en quelques minutes 5 ans auparavant, emportant paillotes, meubles et « platines » dans le « ventre de la mer ». Depuis le pauvre n’avait plus d’emploi, ne sachant que passer de la musique, il était ravi de découvrir du dub electro et de la drum’n’bass atmosphérique, tout en nous plumant au backgammon Le soir nous l’embarquâmes au TOTA GARDEN BEER, puis au resto où nous devisâmes sur l’origine de l’homme jusqu’à pas d’heure, Bob étant convaincu que l’homme est bel et bien né d’adam et éve (Eva confirmant pour la mère mais pas pour le père ) et moi restant persuadée que nous sommes de la poussière d’étoiles, ce qui nous mit tous de très bonne humeur, et justifia une course poursuite contre les cafards du resto : tiens on les avait presque oublié ceux-là !!
Vendredi 21 septembre Pour changer, nous testâmes le Bed Side, un nouveau resto-plage non loin du Reef de la baie d’Assahla, et face à la boutique de statuettes en pierres où Kifra et moi avions acquis pour nos amis, Bastet le dieu chat, Anubis le dieu chacal, des pharaons, des scarabées, et encore des scarabées. Pendant que je pataugeais parmi les coraux jaunes soufre, roses ou mauves ou turquoise dansant avec les poissons multicolores, Kifra, Eva et Bob se retournaient au backgammon. Au retour, j’achetais quelques épices dont des fleurs d’hibiscus séchées pour la préparation du Karcadé (faire bouillir qqs minutes une poignée de fleur dans de l’eau sucrée, laisser infuser 5 mn, et lorsque la préparation devient rouge grenat : servir en aérant bien le thé dans un verre, se boit bouillant ou glacé : très rafraîchissant !) Après le dîner à l’Aladdin où nous fûmes « Dead by Chocolate » vu la quantité de dessert engloutie, nous prîmes le chemin du NESIMA RESORT HOTEL, où une Trance Party à ciel ouvert était donné sur le toit de l’hôtel. Son mixé par des anglais plus que bof, rencontres = à 100% avec tout Dahab. La plupart des employés des restos que nous fréquentions ici s’y trouvaient : exceptionnellement autorisés le vendredi soir à fréquenter les clubs réservés aux touristes…. (donc, malgré un chouette lieu avec vue surplombant la mer, le côté « apartheid » du lieu me collait carrément la nausée !) Nos potes égyptiens nous décidèrent donc à les suivre dans leur discothèque réservée aux égyptiens : « EL SAR » L’ambiance étant beaucoup + cool, + orientale, les murs de la boîte étaient recouverts de bas reliefs relatant l’antiquité égyptienne, c'est-à-dire des reines en pagnes aux seins nus, plutôt sexy pour un lieu réservé aux musulmans ma foi !!! Les consos étaient nettement + abordables qu’au Nesima, et la piste de danse remplie de mecs (et oui ! même dans cette ambiance décontractée, les musulmanes n’avaient pas leur place…) nous offrit tout de même une bonne crise de fous rires : chaque mec interprétant la danse des 7 voiles en bermuda, se servant de leur t-shirt pour se voiler coquettement le visage, que la sono crache des tubes de Madonna ou du dernier crooner local… Eva nous fit la grâce de son talent de danseuse orientale, et du coup Kifra suivit le mouvement, son pote Sahabi serveur du Napoléon, lui offrant un cours mémorable de danse du ventre  Après une ultime contorsion des mollets déjà défoncés par la rando-Sinaï, nous abdiquâmes vers 4h du mat, toutefois tentés par un bain de minuit avant de rentrer au Hard Rock, en souhaitant âprement éviter Hani qui commençait vraiment à nous chauffer le système… bonne nuit les petits !
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|  | | crystale Habitué


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 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Lun 27 Mar - 18:48 | |
| Samedi 22 septembre Sachant que l’heure de partir approchait, Kifra et moi avions décidé de faire un lavomatique car il nous restait 4 jours à passer au Caire, et plus rien à se mettre, sauf que « Laundry » ne veut pas dire laverie self-service mais blanchisserie, aussi linge prêt lavé, séché et repassé pour 10h du soir ! en attendant nous avions comme toujours glandé à la plage et commencé à faire nos sacs. Puis Kifra m’emmena dans une boutique bédouine pour acheter un tapis bédouin et un bijou ciselé en nickel bédouin, entièrement hand made by bedouins !

Ce soir là nous avons dîné avec nos potes, Eva, Sahabi, Mahmud, et Jeff un rasta béninois nous a rejoint pour la discussion.

Dernier soir, dernière gourmandise aladdinesque : « ZE pan-cake Aladdin » : 4 crêpes fourrées de fruits frais, grenade, pomme, melon d’eau, goyave, mangue et banane, + 2 énormes cylindres de glace marbrée vanille-chocolat le tout arrosé de chocolat chaud et de miel liquide… Puis à minuit le linge nous fut rendu, nous allâmes nous coucher.

Dimanche 23 septembre Dernier jour à Dahab, petit dèj à l’Aladdin avec les potes de la veille, des hotas partout, ensuite nous retournâmes tous ensemble au Queen Cleopatra, pour dire au revoir à Hatim et Abdullah les cousins parfumeurs, où nous achetâmes des huiles de parfums et des flacons égyptiens.

Moralité après un thé offert et une douzaine de blagues sur les suisses-belges-français-allemands, nous prîmes congé de nos hôtes, pour pénétrer un taxi Mercédès de 1954 couleur moutarde, entièrement tapissé de housses en satin jaune poussin représentant des scènes romantiques du 18eme siècle avec bergères et ramoneurs, et tamisé par des rideaux à fronces vénitiennes jaunes moutarde ! Au final 4 à l’arrière et 3 devant, chauffeur compris, direction la pointe d’Assahla, pour une ultime baignade. L’eau y était très chaude. Lors du retour à pied le long de la grève, Sahabi et ses potes nous ont fait tirer sur un gros bédot de locale, la Bongo Grass, qui nous lamina bien la tronche jusqu’au dîner. Nous fîmes alors nos adieux, éplorés à l’intérieur, maussades en apparence. Puis minibus à 23h direction le Caire, en suivant une voie traversant le Sinaï en diagonale, tout à fait différente du chemin aller. Je passerais les détails de ce voyage tant il fut éprouvant. Au revoir Dahab ! Comme il est dur de laisser le paradis derrière soi.
 nos portraits à Kifra et moi vus par Baloosa un copain recruteur âgé de 12 ans (ça fait zarebi de voir des enfants travailler! ) |
|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Lun 27 Mar - 20:39 | |
| Lundi 24 septembre 7h30 : arrivée au Caire, non sans peine : le chauffeur s’endormait au volant sur les 90 derniers kilomètres, et non sans joie : second lever de soleil sur le désert, de sable cette fois. Puis après un fighting-backshish avec le taxi qui nous emmena à l’hôtel : enfin LE CAIRE ! Toujours aussi pollué, crade et bruyantissime.

(Chaque soir nous devions nous curer intégralement les conduits auditifs car un une poussière noire et épaisse s’y déposait, je n’osais pas imaginer l’état de santé général des cairotes) Après une sieste jusqu’à midi, et un petit déjeuner thé + pain + beurre danois et confiture allemande (snif, adieu les foul-crudités-jus de melon frais de Dahab), nous partîmes visiter le Musée National du Caire tout l’après-midi, ce dernier regroupant tous les trésors archéologiques de l’Egypte Antique depuis la découverte des 1ers tombeaux au 18eme siècle.

Impossible de décrire cette visite, trop de salles, trop de reliques, trop de reconstitutions de lieux de vie d’époques, trop de statues, de sarcophages, de bijoux, d’armes, de chars, de momies d’animaux, de papyrus : le tout sous titré quasi exclusivement en arabe, donc impossible de savoir qui et quoi étaient d’où et de quand, à moins de refiler un backshish exorbitant à un guide parlant vaguement le français, et guère mieux l’anglais, ou bien solution number two : suivre un egyptologue traînant derrière lui une 40aine de touristes, avec visite à heure fixe, donc pas moyen ! Tant pis pour l’exactitude des renseignements, nos yeux comprenaient déjà pas mal de choses, et les pièces les + importantes étaient tout de même équipée de textes en anglais. Le point culminant de cette première visite : l’immensité du trésor funéraire de Toutankhamon : un étage complet du Musée réservé à ce jeune pharaon mort à l’âge de 19 ans, et dont la tombe fut découverte fin du 20eme siècle (désolée si je ne fournit pas toutes les dates avec exactitude, mais mon carnet est assez succinct). Nous fûmes réellement subjugué par la beauté de chaque objet, par l’extraordinaire complexité de la tombe qui renfermait le sarcophage, et la pureté de son fameux masque funéraire entièrement modelé en or et en lapis lazuli. Sans parler de la salle des bijoux et orfèvreries qui feraient se pâmer les coquettes les plus exigeantes ! Afin de poursuivre la visite dans de bonnes conditions financières…. Nous décidâmes de faire un break, et d’aller à la recherche d’une agence de change, car nos travellers check avaient fondu comme neige dans le Sinaï pendant les vacances à Dahab. L’agence n’ouvrant qu’à 17h, nous dûmes patienter en flânant un peu dans le quartier, ainsi nous fûmes conviés par un marchand de papyrus de visiter son échoppe-atelier et de prendre le chaï et le karcadé, pendant qu’il nous ferait une démonstration de fabrication du papyrus :
 
Et ce fut là que la visite devint désagréable à la sortie : on voulu à tout prix nous faire acheter, mais même pour 15£E une feuille de 10x20cm de papyrus vierge c’est trop cher ! Alors on ne vous remercie pas de votre visite ! Après le change à l’agence Thomas Cook (agence réputée et conseillée par le lonely planet), retour au Musée dans la fraîcheur et le quasi silence de la Salle des Momies des pharaons et grandes reines, où nous pûmes admirer Ramsès II « en chair et en os » ainsi que Seti 1er et une 20aine d’autres stars de l’antiquités quasi intactes sans leur bandelettes. J’en ai rêvé toute la nuit suivante.

Mardi 25 septembre 2001 Levés à 7h du mat, petit déj à l’hôtel et Taxi commandé par l’hôtel pour l’excursion aux Pyramides. 1/ Le Caire à 8h30 du matin c’est gai, ça klaxonne encore pas trop, c’est presque frais, et c’est pour aller aux pyramides une superbe descente du Nil dans les brumes matinales entre ville et campagne. 2/ La route qui mène à Saqqara est bondée de champs et plantations de palmiers et arbres fleuris de toutes sortes. On y voit des paysans cultiver leurs légumes et leurs céréales, des hordes de femmes et d’hommes menant des troupeaux de vaches énormes aux os saillants, d’ânes et de dromadaires totalement recouverts de montagnes de végétaux coupés et autres récoltes. D’immenses palmeraies déjà chargées de régimes de dattes à cette saison. 3/ Et enfin on aperçoit le désert et la toute première pyramides à degrés : DJOSER !
A l’entrée du site de saqqara le taxi se fit arrêter par la police touristique pour un contrôle somme toute franchement agressif !
 sur le ticket : Djoser, la 1ere pyramide à degrés
Nous ne visitâmes pas Djoser qui était fermée au public en raison d’une nouvelle étude archéologique du tombeau. Mais néanmoins nous fûmes les 1ers à visiter le mastaba du pharaon TETI de la 4ème dynastie et celui de Mera Huka et de son épouse.

Un Mastaba est une pyramide de sable édifiée par la main de l’homme, mais sans construction externe en dur, pour accéder aux pièces internes, il faut s’enfoncer plusieurs de dizaines de mètres sous la pyramide, en suivant un couloir qui se termine en boyau très étroit, la chaleur est intense à l’intérieur, ce qui nous surprit beaucoup, persuadés que telle une cave ou une crypte à l’occidentale, le sous sol serait plus frais que l’extérieur, cependant il fait tellement chaud dans le désert que même à plusieurs dizaines de mètres sous terre la température du sol reste élevée, c’est d’ailleurs ce phénomène qui permet la conservation des momies à travers les âges. Le mastaba comporte 3 pièces, une pour le sacrifice des offrandes (bœufs, oies, canards, poissons) et l’autel où les déposer, une pièce pour les trésors et une dernière pour le tombeau du pharaon. Chaque pièce est intégralement recouverte de hiéroglyphes magnifiquement intacts, creusés dans la pierre blanche qui n’a pas pris une trace depuis des milliers d’années. Cette profusion d’images en relief, éclairées à la torche électrique, propice à créer un effet cinétique troublant, + la température presque écoeurante + le silence de mort qui pèse sur vous à cet instant, vous donne un vertige très particulier, une sensation étrange de régler en une fraction de seconde tous vos soucis les plus triviaux, et vous apprendrez qu’en ressortant de là, quelque chose qui était en vous restera prisonnier de cette tombe….cela pourrait expliquer le fameux mythe des malédictions des tombeaux égyptiens !
Puis après une séance photo devant l’immense Djoser, nous continuâmes par la visite de Memphis, l’ancienne capitale des Pharaons, où est exposé le colosse représentant Ramsès II, dans son musée, dont nous n’eûmes pas besoin de faire les frais, la plupart des pièces étant au Musée du Caire. A vrai dire l’ensemble de la glorieuse cité antique, ne ressemble en rien à ce que cela avait du être, livrée à la ruralité, plutôt dégradée par un village / bidon-ville, le spectacle fut assez affligeant.
Et enfin : les pyramides de Giseh et leur gigantesque Sphinx! Cela se rencontre, mais ne se commente pas !

Retour au Caire Centre vers 13h pour un 2d déjeuner au Hardee’s et repos à l’hôtel pour tenir le carnet à jour. Une sieste de 3h nous cloua jusqu’à la tombée de la nuit, puis après une longue étude du lonely planet pour trouver « comment se restaurer au Caire », ce fut quelque peu déçu que nous fêtâmes nos 7 années de rencontres en ce 25 septembre 2001, dans un KFC infâme au pied de l’hôtel, la nuit cairote étant particulièrement dangereuse pour 2 occidentaux sans accompagnateur égyptien, racket à tous les coins de rues, insultes à mon égard en passant devant les cafés d’hommes, et les quelques endroits où sortir entre occidentaux n’avaient rien d’assez typique pour que nous y dépensions nos dernières livres. Un peu de relecture de notre périple à Dahab, nous remonterai le moral.
Mercredi 26 septembre Réveillés à 9h30 : trop tard pour aller au cimetière du Nord, site pittoresque que nous avait conseillé un cairote, ancien londonien, rencontré un soir à Dahab, aucune envie d’aller visiter El Hasar la fameuse mosquée universitaire, et pas le courage de faire le souk du Caire sans une thune, et de plus sacrément indisposés par une tourista depuis notre arrivée au Caire, obligés de rester au lit le dernier jour des vacances : damned ! Donc nous passâmes la dernière journée au lit, malades comme des chiens, pestant contre les bruits de klaxon.
Il est 21h00 actuellement, les klaxons n’ont pas mis de sourdine et nous préparons nos bagages pour quitter l’Egypte dès demain : ADIEU MISR….
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|  | | crystale Habitué


Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 57
 | Sujet: Re: EGYPTE Septembre 2001 Lun 27 Mar - 20:45 | |
| voilà, le périple achevé, j'espère très vite pourvoir y retourner, il y a tant à faire là-bas. Et ne vous fiez pas à mon expérience : Le Caire est tout de même un endroit magique, mais si vous en avez l'occasion, visitez cette mégalopole à plusieurs potes, où essayez de rencontrer des cairotes qui se feront certainement un plaisir de vous montrer leur cité. Mais il faut reconnaitre, que la chaleur, le bruit et la maladie ne sont pas des compagnons idéaux pour la découvrir. |
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